Michael Phelps a dominé la finale du 200 m et s'est offert en 1'43"86 le nouveau record du monde de la distance, la grande mode de la journée de mardi à Melbourne, détenu précedemment par Ian Thorpe. L'Américain a devancé le Néerlandais Pieter van den Hoogenband (1'46"28) et le Coréen Tae Hwan Park (1'46"73), et reste en course pour le gain de sept titres mondiaux en Australie. Aaron Peirsol et Natalie Coughlin (100 m dos), ainsi que Federica Pellegrini (200 m), l'ont imité en améliorant des meilleures marques mondiales le même jour.
Si le 200 m nage libre était une des courses les plus attendues des Championnats, il n'y a pas vraiment eu de suspense tant l'Américain, déjà vainqueur du relais 4x100 m dimanche, s'est imposé avec une facilité déconcertante. En tête dès les premiers mètres grâce à une coulée bien plus longue que ses adversaires, le tenant du titre a ensuite pu accentuer son avance et gérer dans les 50 derniers mètres, ne laissant personne l'inquiéter pour le titre, VDH terminant à deux secondes et demie.
Le Néerlandais, opéré d'une hernie discale en 2005, et en deça du niveau qui lui avait permis de devenir champion olympique (100 m en 2000-2004 et 200 m en 2000), a sans doute manqué sa dernière occasion de pouvoir devenir champion du monde sur la distance.
En l'absence de l'Australien Ian Thorpe, récent retraité des bassins, Phelps s'est même offert le luxe de battre son record, qui datait des Mondiaux de 2001 (1'44"06). «Je voulais nager contre lui, je suis un peu déçu mais j'ai quand même affronté l'un des meilleurs nageurs (Pieter van den Hoogenband), a expliqué l'Américain après la course. Ce record, je voulais le battre ce soir. La clé était d'être en tête après 100 mètres et de placer une accélération au 150 mètres. Après, c'est juste l'adrénaline. J'ai encore mal mais c'est très excitant.»
Peirsol imbattable
Outre Michael Phelps, d'autres favoris ont tenu leur rang. Aaron Peirsol a dominé le 100 m dos en établissant un nouveau record du monde (52"98). L'Américain, déjà médaillé d'or aux Mondiaux de Barcelone et Montréal est le premier homme à passer sous les 53 secondes. Il s'est imposé devant son compatriote Ryan Lochte (53"50) et le Britannique Liam Tancock (53"61). «Pour être honnête, je ne savais pas si j'en étais capable, a expliqué Peirsol à propos de son record. Je voulais passer cette barrière depuis que j'ai atteint 53"10, mais j'étais plus fort à l'époque que maintenant.»
Deux records du monde ont également été battus chez les femmes. Natalie Coughlin, celle qui a privé Laure Manaudou de la médaille d'or du 100 m dos, s'est offert une nouvelle marque mondiale en 59"44, soit 14 centièmes de mieux que le chrono précédent. Un record qu'elle a mis quelques secondes à découvrir : «Quand j'ai vu le temps, je n'ai pas vu "record du monde" à côté alors j'ai essayé de calculer si je l'avais battu. Mais quand je l'ai vu apparaître avec mon nom, j'étais très heureuse. Cela fait cinq ans que je donne mon maximum pour battre ce temps. Je savais comment nager pour y arriver et je l'ai fait.»
Enfin, le dernier record a été battu lors des demi-finales du 200 m, par l'Italienne Federica Pellegrini (1'56"47). Elle a donc effacé des tablettes l'Allemande Franziska Van Almsick qui détenait l'ancien chrono en 1'56"64. Dans une course très serrée (Pellegrini devance l'Allemande Lurz de vingt centièmes), l'Italienne a pris le meilleur dans les derniers mètres : «Je ne peux pas y croire, s'est exclamée la médaillée d'argent des Mondiaux de Montréal sur la distance. Je n'arrive toujours pas à réaliser, je regardais les autres nageuses à côté de moi, Lurz était une bonne référence.» Au vu de son expression à la fin de la course, il est clair que Pellegrini ne s'attendait pas à battre ce record. Ca promet pour la finale, qui se courra mercredi.
F.B.

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