LE CONTEXTE. En 1955, le CIO attribue au village de Squaw Valley (Etats-Unis) l'organisation des VIIIes Jeux d'hiver. A l'époque, la station de 300 habitants située en Sierra Nevada est quasi inconnue. Mais l'instance olympique veut sortir des sentiers battus et des habituelles stations européennes et aussi renouer avec les Etats-Unis, déjà organisateurs des Jeux de Lake Placid en 1932.
L'instigateur de ce pari insensé est un homme d'affaires américain, Alex Cushing. Pour pallier au manque d'infrastructures, cet ancien étudiant en droit de Harvard réussit le tour de force de louer - avec l'aide financière du gouvernement américain - les installations sportives des villes alentours, dont Reno. En outre, un tremplin, des télésièges, un stade de glace, un anneau de vitesse sont construits, toujours grâce à des aides publiques. Le seul refus des autorités provient de la piste de bobsleigh, jugée trop coûteuse. Pour la seule fois dans l'histoire, l'épreuve disparaît du programme.
La cérémonie d'ouverture, organisée par Walt Disney, se déroule sous une tempête de neige. Chasse-neige et chenillettes se succèdent pour faciliter l'accès au lieu de la manifestation. La skieuse américaine Andrea Mead-Laurence, double médaillée des JO d'Oslo en 1952 , porte la flamme olympique tandis que sa compatriote, la patineuse Carol Heiss, vice-championne olympique quatre ans auparavant, prête serment.
Forte de 27 athlètes, dont 8 femmes, la délégation française a mis toutes les chances de son côté pour effacer son zéro pointé de Cortina d'Ampezzo en 1956 . Les skieurs de l'équipe de France alpine vont évoluer avec des skis métalliques pour la première fois en compétition internationale.
Sur une musique de Tchaïkovski, l'Américaine Carol Heiss, deuxième quatre ans plus tôt , surclasse ses concurrentes en patinage artistique. L'envoyé spécial de L'Equipe, Michel Clare, est dithyrambique sur cette étudiante en littérature qui déclame des vers d'Edgar Poe à ses heures perdues : « Elle possède la grâce et les qualités athlétiques d'une championne olympique en pleine possession de son art.»
L'Autrichien Ernest Hinterseer remporte l'or en slalom spécial et le bronze en géant tandis que l'Américaine Penny Pitou est deux fois argentée, en descente et en slalom.
En ski de fond, le Suédois Sixteen Jerneberg enrichit encore son palmarès. Ce Suèdois de 31 ans, représentant en articles de sport l'été, se couvre d'or sur le 30 km comme à Cortina en 1956 sur 50 km.
LES FRANCAIS. L'équipe de France récolte trois médailles (une d'or et deux de bronze). L'or est pour Jean Vuarnet dans l'épreuve reine, la descente. Grand favori de la course, son compatriote, Adrien Duvillard, chute en abordant trop rapidement la bosse du dromadaire. Le skieur de Morzine révolutionne la technique de la descente en créant la position de recherche de vitesse dite de l'oeuf. Guy Périllat obtient la médaille de bronze de la descente, ainsi que le titre de champion du monde du combiné (attribué par la FIS). La troisième médaille française - également du bronze - est décrochée par Charles Bozon, en slalom géant.

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...