LE CONTEXTE. C'est à Oslo en Norvège que revient le privilège d'organiser les sixièmes Jeux Olympiques d'hiver. Le Japon et l'Allemagne, exclus depuis 1948, sont réintégrés au sein du comité international olympique alors que le Portugal, l'Australie, et la Nouvelle-Zélande font leur entrée dans la grande famille olympique.
Les organisateurs ont voulu un retour aux sources : la torche olympique est allumée dans l'âtre de la maison natale du créateur de la première compétion de ski en 1868, Sondre Noardheim.
C'est son fils, Olav Hemmestreit, qui porte la flamme pendant les cent premiers mètres. Ce dernier est vêtu du costume traditionnel des skieurs du XIXe siècle et chaussé de skis étroits datant de cette époque.
Pour rallier Oslo, le flambeau parcourt 220 km. Quatre-vingt quatorze skieurs se relayent pendant quatre jours, le dernier étant Eigil Nansen, petit-fils de l'explorateur Fridtjof Nansen, qui avait traversé le Groënland à skis en 1888. La flamme olympique arrive dans le stade Bislet d'Oslo où sont réunis les 732 athlètes (dont 108 femmes) participant aux Jeux.
L'exploit de cette olympiade reste les deux médailles d'or décrochées en slalom géant et spécial par la jeune Américaine de 19 ans, Andrea Mead-Lawrence. Belle, athlétique, la nouvelle reine du ski féminin est l'objet de toutes les attentions des médias pendant la semaine olympique.
Plus discret mais tout aussi exceptionnel, le patineur de vitesse norvégien Hjalmar Andersen, remporte trois médailles d'or. Ce chauffeur de camion rafle les titres olympiques en 10 000, 5 000, et 1 500 mètres.
Un Italien de 32 ans Zeno Colo, surnommé "Zeno le fou", en raison de ses nombreuses chutes à l'entraînement, remporte contre toute attente la descente. Le skieur toscan devance les favoris de l'épreuve, les Autrichiens Othmar Schneider et Christian Pravda.
L'Américain Dick Button, virtuose de la glace, conserve sa couronne olympique acquise en 1948 dans l'épreuve de patinage artistisque.
Dans l'épreuve reine du ski nordique, le 50 km, le Finlandais Veiko Hakulinen humilie la Norvège en soufflant l'or olympique pourtant promis aux skieurs norvégiens. Mais au 15 km, le Norvégien Hagleir Brenden sauve l'honneur de son pays en s'imposant. Une performance qu'il renouvellera aux JO de Cortina d'Ampezzo, en 1956.
LES FRANCAIS. Jacqueline du Bief apporte l'unique médaille à l'équipe de France. La Française enlève, en patinage artistique, la médaille de bronze. C'est la première fois chez les femmes qu'une Française monte sur le podium. L'élève de Jacqueline Vaudecrane sera, peu après, sacrée championne du monde et s'empressera de passer professionnelle. Déchiré par des querelles intestines et des rivalités de fabricants, le ski alpin repart bredouille de son périple norvégien. Ce qui fait dire à Pierre About, envoyé spécial de L'Equipe : « que le ski alpin français est bien mort.» Le Chamoniard James Couttet sauve l'honneur, obtenant une maigre 6e place en descente.

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...