Le tournoi de curling se déroule depuis mardi à Vancouver. Vous savez, ce sport que l'on compare par chez nous à une sorte de pétanque sur glace assortie d'un accessoire hautement improbable aux Jeux Olympiques : le balai. Que celui qui n'a pas -au moins- souri en voyant les trois balayeurs s'activer sur la glace jette la première pierre. Pas question d'essayer de convaincre les rigolards que le curling est bien un sport, je vous renvoie pour cela à la chronique de mon excellent confrère Pascal Grégoire-Boutreau, publiée sur ce même site le 20 janvier dernier. Cette discipline ancestrale -créée selon les sources au XVIe siècle- mérite bien un petit coup de projecteur au moins une fois tous les quatre ans, d'autant que cette fois, tout comme en 2002, l'équipe de France participe au tournoi olympique.
Le but du jeu est effectivement comparable à la pétanque. Chaque équipe de quatre joueurs lance huit pierres qui doivent se placer le plus près possible du centre de la cible appelée aussi maison. Un concept plutôt simple mais qui se complique singulièrement lorsque l'on sait que la piste fait 42 mètres de long et que la pierre en granit (uniquement en provenance de la petite île écossaise d'Ailsa Graig) pèse une vingtaine de kilos !
Et le balai me direz-vous ? Il sert à lisser et chauffer la glace pour permettre une meilleure glisse de la pierre. En effet, avant chaque partie, la glace est douchée avec de l'eau qui gèle et produit une surface perlée. Le balayage énergique est donc indispensable pour qu'une pierre aille le plus loin possible.
Le balai en lui-même n'a pas grand-chose à voir avec celui qui trône dans votre placard du même nom : manche en fibre de carbone, tête en plastique ou en bois, brosse en crin de cheval ou synthétique selon la glace. Un instrument aussi personnel et technique qu'un fusil pour un biathlète.
Le balayage demande une énergie folle : pour être efficace, il faut avoir les mains le plus bas possible sur le manche, le corps plié en deux au dessus du balai de manière à mettre le plus de poids possible sur la brosse. Dans une partie de deux heures, un curleur peut ainsi «courir» plus de trois kilomètres sur la glace.
Très populaire en Ecosse, au Canada ou en Suède, le curling reste un sport confidentiel en France avec 277 licenciés seulement. Mais lorsque l'on sait que le biathlon bleu n'en compte que 200, tout semble permis à l'équipe de France de curling à Vancouver.
Sylvie JOSSE
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