«Miguel Angel Jimenez, quelle impression vous laisse cette victoire ?
Je suis ravi. Encore une victoire, la deuxième de l'année et une fois encore en play-off. Et, franchement, à 46 ans je crois bien que je suis le plus vieux vainqueur sur le circuit désormais. Non, vraiment je suis ravi. J'ai très bien tapé la balle, j'ai bien joué et j'ai continué à me battre avec ces jeunes gens. Eh bien, je suis heureux d'être encore dans le coup.
Que s'est-il passé sur le dernier trou du parcours, alors que vous aviez deux coups d'avance ?
J'ai commencé par taper un bon drive. Et puis sur mon coup suivant, avec le fer 8, j'ai commencé à sentir un peu de pression. J'avais 141 mètres à faire pour atteindre le green, 146 pour le trou. Tout ce dont j'avais besoin, c'est de bien frapper. Mais nous sommes des êtres humains. J'ai frappé et au moment de taper j'ai senti que j'avais perdu mon rythme, comme si toute la pression m'était soudainement tombée dessus. Et la balle est partie dans l'eau. C'était probablement mon pire coup de la journée.»
Comment ça s'est passé sur les greens ?
Les deux premiers tours, je me suis battu avec mon putter et hier ça allait beaucoup mieux et aujourd'hui, c'était excellent. C'est exactement ce qu'il vous faut. Du tee au green, j'ai très bien joué. Vous avez quelques coups qui arrivent tout près du trou, vous enquillez deux putts et c'est ce qu'il vous faut pour scorer.
«J'aime jouer au golf et j'aime me trouver sur un golf, et voilà .»
Comment prenez-vous ce succès à 46 ans ?
Très bien. Comme le bon vin qui doit vieillir. Pas trop mais c'est toujours bon. Je dis bien, pas trop, vous savez. Je reste mince, je continue à prendre du plaisir autant que possible. J'aime jouer au golf et j'aime me trouver sur un golf, et voilà .
Dix de vos dix-sept victoires ont eu lieu après vos 40 ans. C'est étonnant...
Je pense que l'expérience compte beaucoup dans ce sport. Les deux joueurs qui étaient face à moi étaient très bons. Trois joueurs à -11 c'est fort, et Alejandro (Canizares) notamment a très bien joué et très bien putté. Mais l'expérience est l'une des clés. Au play-off, sur le 18, j'ai mis ma balle sur le fairway, contrairement à eux. Une des choses les plus importantes à faire dans ces moments-là est de respirer et de se relaxer.
Ce succès vous relance dans la course à la Ryder Cup. Vous êtes désormais cinquième au classement. Vous pensez pouvoir vous qualifier ?
Je serais ravi de participer à cette épreuve. A 46 ans, c'est peut-être ma dernière chance de la jouer, donc oui je vais tout faire pour être dans l'équipe de Colin (Montgomerie, le capitaine européen de l'épreuve). Maintenant, ça devient proche. Mais, vous savez, il va être très très important d'être en forme, de jouer bien et d'être en bonne santé. J'espère que je pourrai y être.» - F. B., à Saint-Quentin-En-Yvelines