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Le 17/08/2010 à 17:26 | Mis à jour le 17/08/2010 à 17:50

Ts sports - Exp.

Pas le Club Med pour les G.O.

Pas de sport, sans Gentils Organisateurs. Grâce à eux, nous sommes chaque week-end plusieurs milliers à nous « amuser » et à vivre de belles émotions sportives à travers toute la France.
La Pastourelle met chaque année en valeur la région de Salers en plein coeur du Cantal. 3000 participants peuvent en profiter grâce au gros travail des organisateurs. (Photos J.-P. Rickelin) (DR)
La Pastourelle met chaque année en valeur la région de Salers en plein coeur du Cantal. 3000 participants peuvent en profiter grâce au gros travail des organisateurs. (Photos J.-P. Rickelin) (DR)

Il y a quelques temps, j'avais évoqué dans une chronique l'indispensable rôle des bénévoles. Il est aussi important de mettre en avant les organisateurs. Si pour les grandes manifestations, des sociétés spécialisées dans l'événementiel arrivent souvent à renfort de grands moyens, la grande majorité des événements sportifs sont mis en place par des bénévoles passionnés, qui consacrent une grande part de leur temps libre (parfois même la totalité) à nous concocter des épreuves « aux petits oignons » (attention, les gens des grandes sociétés sont souvent eux aussi passionnés même si l'intérêt commercial est évidemment présent). Deux exemples parmi tant d'autres.

Il y a quelques mois, Marc Noury a par exemple eu la drôle d'idée d'organiser du 2 au 4 décembre, à Evreux, l'Ultra Indoor Normand. Kesako ? Un 48 heures indoor sur une piste de... 150m. Une immersion dans la démesure pour les coureurs mais aussi un sacré défi pour les organisateurs. « A l'occasion du Téléthon 2009, nous avions créé un Ekiden (marathon en relais) à Angerville-la-Campagne, près d'Evreux, raconte Marc Noury, surveillant dans un lycée ébroïcien, à l'origine de cette initiative. Trois jours après, Jean-Pierre Guyomarch, coureur réputé l'ultra, m'appelait : ?'j'ai une idée, si on créait un 48 heures indoor. T'es partant ?'' En huit jours, le dossier était monté. » En route pour l'aventure. D'abord, trouver de l'argent : un peu plus de 80 000 euros dans ce cas. « On cherche des partenaires pour l'hébergement, les transports, la sono, les ravitaillements etc., témoigne Marc. C'est toute une équipe qui gère ça. On fait marcher le réseau des connaissances. On vend aussi des espaces publicitaires pour récupérer de l'argent pour payer par exemple les contrôles anti-dopages qui nous coûtent 1700 euros. Pour le chronométrage, plutôt que de payer 4000 euros pour les services d'une société spécialisée, on va louer le matériel pour 700 euros. Mais cela nécessite d'avoir des bénévoles. » Les bénévoles, autre source de grosses migraines pour un organisateur. « Ce n'est pas forcément évident à trouver. Alors là encore on va frapper aux portes... »

Frapper aux portes, décrocher le téléphone aussi. Pour tenter de séduire ces maudits médias par exemple, arracher quelques lignes dans les journaux, voire même quelques secondes à la télévision. « Même si parfois ça paraît osé, notamment avec les médias nationaux, il faut le tenter. Si on envoie juste un mail dans une rédaction, il y a peu de chance que ça aboutisse. Quand le premier accueil est négatif, je réponds : attendez, je vous explique et vous me direz après. Et généralement, on finit par me passer quelqu'un. » Et ça marche ! La preuve avec cette chronique...

Direction l'Auvergne. Philippe Barrière prépare lui la 13e édition de La Pastourelle, un trail et une course VTT autour de Salers, dans le Cantal. De l'authentique, du pur, avec le fromage, le saucisson, de l'ambiance et de la convivialité, bref, tout ce qui fait le charme des trails ! Douze ans que cela dure pour ce cadre dans un bureau d'étude, attaché aux valeurs associatives, autrefois dans le foot, désormais dans les sports nature. Pour lui aussi, organiser un événement passé de 480 participants à plus de 3000 en mai dernier, n'est pas de tout repos. « La course a lieu en mai, mais à partir de septembre, c'est pratiquement un travail quotidien, précise Philippe. On essaie de lier l'utile à l'agréable. On va par exemple faire des courses où on prend des stands pour faire la promotion de la course. Nous avons aussi un emploi mi-temps à la mairie de Salers qui, pendant quatre mois, ne se consacre pratiquement qu'à La Pastourelle. Et puis, c'est le travail de toute une équipe. Il faut savoir déléguer. »

« MA JOIE, C'EST DE FAIRE DECOUVRIR UN DEPARTEMENT, UNE REGION AVEC SA GASTRONOMIE, SES TRADITIONS. CE SONT AUSSI TOUTES LES RENCONTRES, LES LIENS D'AMITIES. MAIS A L'ARRIVEE, NOTRE PLUS GRANDE SATISFACTION, C'EST LE PLAISIR DES COUREURS. »

Organiser un trail ou une épreuve qui emprunte routes ou chemins, c'est aussi aller à la chasse aux autorisations. « Il a fallu fédérer les cinq communes traversées autour de la notion du Grand Pays de Salers puisque l'on fait découvrir le fromage, la race, l'apéritif. Mais il faut aussi aller chercher les autorisations des propriétaires (90% du tracé emprunte des propriétés privées), de la préfecture etc. C'est un gros dispositif avec notamment la sécurité qui nécessite un hélico, deux médecins dont un urgentiste, 30 personnes de la protection civile, et même la mise en place de deux relais radios. »

Pourquoi donc alors se donner tant de peine ? « En voilà une bonne question..., s'interroge Noury. Parfois le matin au réveil, je me demande ce que je suis venu faire dans cette galère. Et puis une heure après, c'est reparti. » « L'avantage de travailler en équipe, c'est qu'il y a toujours quelqu'un pour vous rebooster, ajoute Philippe Barrière. Ma joie, c'est de faire découvrir un département, une région avec sa gastronomie, ses traditions. Le plaisir, ce sont aussi toutes les rencontres, les liens d'amitiés créés avec les coureurs et d'autres organisateurs. Mais à l'arrivée, notre plus grande satisfaction, c'est le plaisir des coureurs. » Alors au nom de tous les coureurs, simplement merci.

PASCAL GREGOIRE-BOUTREAU
Twitter : @pgb51

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L'EXPERT

Pascal Grégoire-Boutreau

Pascal Grégoire-Boutreau est grand reporter à L'Equipe depuis 1998. Triathlète et pratiquant de trails, raids, etc, il a couvert depuis dix ans de très nombreux sports.
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