Il existe de rares fois où, sur l'instant, la détresse des perdants supplante presque la joie des vainqueurs. Devant son public, l'ASVEL revient de nulle part et c'est une histoire magnifique, de celles qui légendent une épreuve. Alors que les Verts hurlent leur joie, il est pourtant dur de détacher ses yeux d'un Philippe Hervé chancelant. Le ciel et plus encore vient de s'écrouler sur lui. L'entraîneur d'Orléans a disputé les finales de l'Eurocoupe (2001), du Championnat (2003, 2009), de la Coupe de France (2006) et donc des As. Il les a toutes perdues et comme son club, il attend encore la consécration. «C'est très difficile d'avoir le sentiment d'avoir été très fort et que ça suffise pas pour gagner», s'étrangle-t-il. Celle-là est passé trop près.
Lors de la remise des prix, alors que le Lituanien Mindaugas Lukauskis reçoit son trophée de MVP et que celui du finaliste est abandonné, orphelin, sur le parquet, Philippe Hervé refait le geste de la dernière action. Un lay-up d'Austin Nichols repoussé par le cercle - suivi d'une claquette d'Adrien Moerman, trop courte elle aussi. «C'est une action où on peut siffler faute non ?», interroge Hervé, qui a surtout en travers de la gorge l'arbitrage de la troisième période. Ses mots sont rudes. Son équipe y a compté jusqu'à 12 points d'avance (32-43, 24e). L'ASVEL, qui avait bien débuté avec un 13-0 dans le premier quart-temps (15-5, 7e), montre ses limites, reste 3'45" sans marquer à la reprise. Le 6/7 à trois points d'Orléans dans le deuxième quart-temps, avec un Sciarra majeur, est encore dans les mémoires. Mais l'ASVEL revient (43-45, 28e), encore, «grâce aux entrées de Dewar et Samnick» selon Collet.
«Notre sur-agressivité les perturbe, décrit Collet. Ils perdent leur timing mais comme c'est une grande équipe, ils repartent. On s'accroche, ils repartent. Dobbins met un panier exceptionnel en pénétration et un trois points. On peut penser qu'Orléans va gagner son match et il n'y a rien à redire.» A +5 et trois minutes à jouer (67-62), le succès se profile pour Orléans. L'ASVEL n'a plus guère alors que les tirs de loin de Lukauskis à offrir en attaque. Mais le match bascule encore. «On va le chercher avec le coeur, mais avec la tête aussi», dit Collet. Eric Campbell le ramasse d'un trois points dans la dernière minute, conclusion d'un 6-0 fatal. Campbell, comme Dobbins, était incertain après les demi-finales. Mais finalement, les deux équipes ont joué au complet et cela a offert une grande finale, à l'unisson d'une tournoi de grande qualité. «J'ai la conviction que cette équipe sera encore plus forte», veut finalement retenir Hervé. «C'est une histoire humaine», résume Collet. X.C. à Villeurbanne

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...