Steve Nash. Comment se fait-il que la défense française, annoncée si forte, ait explosé en prenant 95 points ? Comme le rappelle L'Equipe, cela fait presque huit ans, depuis France-Hongrie (80-94) en novembre 2002, que les Bleus n'avaient pas encaissé plus de 90 points. Mais on note aussi que les Bleus, qui avaient concédé 64,3 points en moyenne lors de leurs quatre premiers matches, en avaient laissé 82 à la Nouvelle-Zélande. Le tournant a clairement eu lieu lors du deuxième quart-temps de France-Lituanie. Cela montre les limites psychologiques de cette équipe. Physiques aussi : avec trois joueurs du banc peu utilisés (Albicy, Causeur, Jackson), deux pivots qui ne jouaient presque plus (Mahinmi, Traoré), sans compter que Flo Pietrus a manqué deux matches, les rotations étaient courtes, les réserves largement entamées. Toujours trop nombreuses, les balles perdues se sont payées cash avec un repli moins efficace. Arrivant souvent en début de système dimanche, elles ont multiplié les possessions. Enfin, et c'est aussi ce qu'on aurait pu citer en premier, les Turcs ont très bien joué, profitant de l'euphorie ambiante. Hidayet Turkoglu tournait à 31% avant ce match. Là , il finit à 60%.
M.Gomez : Est-ce vraiment la zone turque qui a perturbé les Français ? Clairement oui. Les Bleus étaient devant (8-7, 6e) quand Boscia Tanjevic a utilisé pour la première fois une défense de zone qui lui est propre. L'ancien entraîneur de Limoges et de l'ASVEL n'est pas peu fier de sa trouvaille, la décrivant comme «étrange et nouvelle». Elle donne une impression visuelle originale, immédiatement reconnaissable et a tout de suite fait son effet. Dès la première attaque, Nando de Colo s'est fait intercepter sa première passe latérale. Nicolas Batum a avoué qu'elle l'a «beaucoup perturbé.» «Il y avait trop d'espaces, je n'arrivais plus à lire le jeu», a-t-il confié. «La zone un peu haute, un peu bizarre, nous a gênés», a confirmé Pietrus. «On l'avait travaillée avec coach Collet, a expliqué Boris Diaw. On savait que ça passait par le fait de prendre les intervalles. Je devais rentrer au milieu de la zone et jouer le rôle de passeur en poste haut.» Cela a marché quelques fois. Pas longtemps.
Gratianople : Quelle était l'ambiance sur place à Istanbul ? - marsalemvp : En jouant comme contre la France, la Turquie ira-t-elle jusqu'en finale ? Les deux questions sont liées. Ceux qui ont vécu l'Euro 2001 dans l'autre grande salle d'Istanbul, Abdi Ipekci, ont ressenti moins de pression dans la Senan Erdem Arena, plus grande, plus moderne, un peu plus aseptisée. Mais difficile malgré tout de faire la fine bouche quand quinze mille supporters chantent l'hymne national en coeur et quand ils décident de huer ou de pousser, ce qu'ils n'ont pas eu trop besoin de faire vu que l'écart est monté dans des proportions rassurantes. Si les joueurs turcs se retrouvent dans une situation tendue en fin de match en quart contre la Slovénie ou après, le soutien risque d'être décuplé. Pour l'instant, il a juste la saveur d'une vague porteuse, non fanatisée. «Cette équipe était comme possédée par l'événement», a expliqué Vincent Collet. En tout cas, vu ce qu'elle a montré dimanche, la Turquie a quelque chose de France 98 en football. Si rien ne se dérègle, elle peut viser haut. Le titre ? Cela ne semble pas impossible mais c'est encore très loin.
Xavier COLOMBANI Ã Istanbul
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