Miami, oui, bien sûr, Miami. Bien parti, consistant, comme promis au titre par évidence. Quoique... Où en sera l'Oklahoma City Thunder à l'heure de la finale ? En retard d'une expérience à ce niveau ou déjà capable de travailler en férocité à la hauteur de l'évènement ? Dans sa présentation de la saison, "L'Equipe" avait proposé Oklahoma City à la première place à l'Ouest, ses amis internautes à la troisième. A 8-2 sur la fiche d'un début de calendrier plus raisonnable que dément, on se dit que la rubrique avait bien flairé le coup. Cette équipe est jeune, elle ne s'est pas dispersée pendant le lock-out mais a bossé ensemble, elle avait le talent, le dynamisme et la cohérence pour foncer dans la saison le front haut.
La façon dont elle a désossé les Spurs ce dimanche a mis tout cela en évidence. N'exagérons pas la démonstration : San Antonio sans Ginobili ce n'est pas tout à fait San Antonio, l'académisme vieillissant de Parker et ses amis était assez propice aussi à la démonstration, tout comme la gestion des rotations très prudente d'un Popovich qui veille à ne pas trop tirer sur la couenne de ses vétérans. Mais ce Tonnerre en devenir a tout autant montré les dents avec son banc, éclairé sa profondeur : Harden a étoffé sa confiance à la mesure de sa barbe de prophète, Collison fait le job et même si ce duo ne rentrera pas neuf tirs sur onze tous les soirs, Oklahoma défend et court, Oklahoma est aussi fluide que vif, Oklahoma peut courir et gagner trois soirs de suite sans manquer d'oxygène.
Pourtant, le plus important est beaucoup plus dans l'affirmation du leadership de Kevin Durant. C'est la petite musique qui souffle ces temps-ci le long de l'Allée des Tornades et que les observateurs locaux diffusent : Kevin devient le boss, pour de bon ! Kevin était dimanche à trois passes du premier triple double de sa carrière, sucrerie statistique qui lui pend au nez, mais monsieur Durant n'a plus du tout le patronyme de monsieur Tout-le-monde. Kevin reprend de volée à l'occasion l'effervescent Russell Westbrook lorsqu'il se dévergonde et l'autre encaisse bien (jusqu'ici en tout cas). Kevin prend soin de ses coéquipiers, de l'atmosphère de l'équipe. Kevin a beau être une gâchette de plus en plus décisive, il est de ceux qui rendent leurs partenaires meilleurs. A le voir discuter tactique avec Lazar Hayward, son coach Scott Brooks lui a tendu ses notes pour qu'il coache la fin de match. Kevin Durant a rigolé. Et rira bien qui rira le dernier.
Jean-Luc THOMAS

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...