S'il n'a pas livré de nom lors de son audition lundi devant l'agence antidopage autrichienne, Bernhard Kohl a divulgué quelques informations sur le processus qui l'a amené à se doper, révèle le Wiener Zeitung dans son édition de jeudi. «Cela n'avait rien à voir avec une filière de dopage», aurait expliqué le coureur autrichien qui aurait pris l'initiative seul de tricher en s'informant sur Internet.
D'après les éléments révélés par le quotidien autrichien, l'ex-coureur Gerolsteiner a découvert l'existence de la CERA il y a un an avant de chercher des informations sur Internet. «Il était hors de question pour moi» d'en utiliser, aurait-il réagi en apprenant qu'il s'agissait d'une nouvelle forme d'EPO. L'idée aurait néanmoins fait son chemin avec le temps, avec la propagation de la rumeur dans le peloton selon laquelle «la moitié du peloton serait sous CERA». Le grimpeur a déjà raconté sa version du reste de l'histoire : une chute pendant le Dauphiné Libéré, la pression avant le Tour de France et la peur du chômage avec le retrait de Gerolsteiner. Sa filière, c'est Internet. «J'ai clairement dit d'où le dopage est venu», estime-t-il.
Meilleur grimpeur du Tour de France (avant d'être contrôlé positif), Kohl s'est par contre catégoriquement refusé à citer le nom du médecin qui avait fourni le produit : « Il l'a fait sur mon insistance. Il n'a rien à voir avec le sport ou le dopage. Si je donnais son nom, sa vie serait détruite (...). C'est moi qui ai commis l'erreur. Lui n'était pas d'accord.». Suspendu deux ans, l'Autrichien a également été interrogé par l'agence mondiale antidopage et la police fédérale allemande. «Et là , j'ai donné des noms.» Son principal regret désormais est la mauvaise perception de son cas par le public, qu'il explique par une mauvaise communication : «Je ne suis qu'un cycliste, pas un spécialiste des médias, s'est-il excusé. J'ai été honnête.»

