La presse espagnole a déjà trouvé l'image qui résume le rapport de force entre le tenant du titre Carlos Sastre et tous ses rivaux avant de s'élancer pour le contre-la-montre de Monaco : ce sera Titi contre Grosminet. Dans le rôle du petit canari : le grimpeur de Cervélo, une équipe de Continental Pro, tout de jaune vêtu. Dans le rôle des félins à l'appétit aiguisé : les formations Saxo Bank et Astana avec leur abondance de leaders.
Moins par crainte de l'adversité que par humilité, Carlos Sastre refuse de s'attarder sur la concurrence et n'a pas changé d'approche malgré son dossard numéro un : «J'aime l'obscurité... euh ... l'ombre plutôt (rires). J'aime briller sur le vélo, pas quand il faut parler, a-t-il lancé vendredi en conférence de presse. Depuis l'année dernière, l'équipe a changé, les rivaux ont changé, mais je reste la même personne, toujours aussi détendue.»
Une sérénité compréhensible au regard de la première saison de sa formation Cervélo, qui a collectionné seize victoires malgré sa licence en Continental Pro, la deuxième division internationale : «Le Giro a permis d'ajuster la préparation dans les conditions d'un grand Tour, se félicite Carlos Sastre. Avec ma quatrième place, les quatre victoires d'étapes [dont deux pour l'Espagnol, ndlr], j'ai vu que j'allais être parfaitement entouré pour le Tour de France.»
Malgré la présence du tenant du titre dans ses rangs, Cervélo va essayer de courir deux lièvres à la fois puisque le Norvégien Thor Hushovd, soutenu par Heinrich Haussler, se rêve en premier adversaire de Mark Cavendish pour le Maillot Vert. Une deuxième quête qui pourrait priver Sastre de soutien dans la lutte pour le podium : «Moi, je ne considère pas qu'il y a deux équipes dans l'équipe, conteste-t-il. Nous sommes tous unis. L'année dernière (chez CSC), j'avais une grande équipe mais c'est aussi le cas cette année. Je sais que j'ai des gars qui seront avec moi en montagne. Nous serons forts lors du chrono par équipes et j'aurai aussi des équipiers pour me protéger lors des étapes de plaine.» Une protection forcément nécessaire pour se sortir des griffes des gros matous du peloton. - Anthony THOMAS-COMMIN, à Monaco

Pour gagner dans les prairies de l'Essex en août, sur un parcours olympique atypique,...