«Quand tu es Italien, le maillot rose représente l'objectif ultime, comme peut l'être le Maillot Jaune pour les Français. Le Giro, c'est une belle épreuve, gagnée par de grands noms mais il suffit de comparer le palmarès avec celui du Tour pour se rendre compte que la marche est beaucoup moins haute... Pour les coureurs italiens, les Di Luca, Cunego, Simoni, il s'agit de l'objectif de l'année. Mais pour d'autres, il s'agit encore d'une course de préparation. De grands coureurs l'ont appréhendé de la sorte. Et c'est encore le cas cette année pour Sastre et plus encore pour Armstrong, même si je crois qu'Armstrong ne pourra rien faire non plus sur le Tour de France. Je crois que là, déjà, il va trouver le temps long. Je pense qu'il va voir le Diable...»
«Ça l'est sans doute moins qu'avant, mais il y a eu de sacrés coups fourrés sur le Giro. Je me souviens notamment de l'année 1984, où Francesco Moser a remporté l'épreuve grâce au contre-la-montre, où l'hélicoptère l'a survolé pendant toute l'étape... Le Giro, c'est une ambiance à l'italienne, avec toujours une pointe de vice dans l'air. L'histoire du Giro se nourrit de provocations et de polémiques en tout genre. On l'a vu aussi ces dernières années, avec l'exclusion de Pantani à la veille de l'arrivée en 1999 ou la rivalité entre Simoni et Cunego lors de l'édition 2004. Sur le Giro, on est toujours un peu sur la corde raide. Et je crois que cette année, on aura encore des jeux d'alliance. Il se passe toujours quelque chose de toute façon sur le Giro.»
«Le Tour d'Italie, ce n'est pas le Tour de France. Il existe un grand décalage entre les deux épreuves. Le Giro est davantage comparable avec la Vuelta. L'une des différences majeures provient du calendrier. Le Giro se déroule au mois de mai. Le temps est moins clément, la neige est encore parfois présente sur les sommets. Lors de l'année où j'ai joué la gagne en 1988, il y avait eu cette fameuse étape du Passo Gavia, escaladé par -5°C et qui avait coûté 20 minutes à la plupart des favoris... Le fait que le Tour ait lieu au mois de juillet, en plein été, participe aussi de son aura. Le parcours est également régulièrement moins relevé sur le Giro. Les étapes sont souvent plus courtes. Cette année, il y a par exemple une étape de montagne de 125 km (la 5e) et celle du Blockhaus, qui ne fait que 83 km.»

Pour gagner dans les prairies de l'Essex en août, sur un parcours olympique atypique,...