La formule ne change pas. Pour la première fois depuis 2006, et l'association Klien-Coulthard, l'écurie a fait confiance au même attelage pour passer l'hiver : le vétéran de 33 ans Mark Webber et le -toujours- prodige de 22 ans Sebastian Vettel. Dans le paddock, c'est la seule écurie de pointe à tabler sur la continuité (en plus de Force India et Toro Rosso, Ndlr). Cela se comprend : en progression constante dans les points depuis quatre ans, l'écurie autrichienne a fait un bond de géant de 2008 (7e écurie, 29 points) à 2009 (2e écurie, 153,5 points), année au cours de laquelle elle a signé six victoires.
Les pilotes Red Bull 2010 :
Mark Webber (AUS) - 140 Grands Prix, 169,5 points marqués (2 victoires) ;Sebastian Vettel (ALL) - 43 Grands Prix, 125 points marqués (5 victoires)
Même son génial designer Adrian Newey, qui avait marqué les esprits avec son originale RB5 l'an passé, n'a pas révolutionné le concept. Il l'a simplement amélioré, en conservant la mécanique, en creusant davantage l'avant de coque (légèrement relevé) sur sa face supérieure et en ajoutant le fameux aileron de requin qu'ont, entre autres, choisi Ferrari et McLaren. Une prudence empreinte de sagesse : l'an passé, Red Bull a été la seule écurie à faire gagner ses deux pilotes, avec Brawn GP, offrant à Mark Webber sa première victoire après plus de 130 Grands Prix (Allemagne). «Nous avons des attentes réalistes car nous avons progressé chaque année, a confié le patron autrichien Dietrich Mateschitz avant de lâcher des mots inédits. L'an dernier, nous ambitionnions de finir parmi les équipes du Top 3, ce que nous avons concrétisé. Cette année, on se battra pour le Championnat parce que nous sommes parmi les trois plus rapides. Le reste ne nous appartient pas mais incombera aux décisions de la FIA, aux erreurs des pilotes, à la fiabilité et aux périodes sous safety car.» Sans les nommer, il vient d'évoquer ce qui a coûté le titre à Vettel l'an passé : le double-diffuseur, les casses moteurs et les erreurs stratégiques.
A deux jours des premiers essais libres de la saison, l'ambition de Red Bull est doublement légitime. De par les résultats de 2009 mais aussi en raison de sa prestation lors des derniers essais. A deux reprises, à Jerez puis à Barcelone, Webber s'est hissé au-dessus de la mêlée. Et quand bien même ce sont les McLaren qui ont brillé au final, il faut retenir que l'Australien a fini à deux centièmes de Lewis Hamilton, à Barcelone, lors de la dernière journée d'essais. La seule séance réellement riche d'enseignements puisque huit pilotes s'étaient contenus en une seconde.
«Ne vous attendez pas à ce que je dise que je gagnerai le titre cette année, ce serait suicidaire, a plaisanté Webber dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport. Je chercherai à gagner plus de courses que l'an passé. Disons juste que nous avons l'opportunité de réaliser quelque chose de spécial.» Comme devenir champion du monde ? «J'ai faim, très faim, a-t-il opiné du chef auprès de l'équipe avant de redevenir prudent. Reste que depuis le début de l'hiver, les favoris changent sans arrêt : un jour c'est Alonso, le lendemain Schumacher, une autre fois c'est nous, McLaren... Ne jamais sous-estimer la puissance de telles équipes.» Des propos matures relayés dans les mêmes termes par le directeur d'écurie Christian Horner. Pour sa septième saison au pinacle du sport automobile, l'écurie Red Bull s'est hissée parmi le quatuor de favoris avec cet avantage : de l'élite, elle est celle qui a le moins à perdre et le plus à gagner. - Gaël NIVOLLET