Après trois ans de retraite, qu'on pensait définitive, le pilote le plus titré de l'histoire de la F1 fait son retour. Non pas chez Ferrari, mais avec Mercedes, pour former une équipe 100 % allemande avec Nico Rosberg. De nombreuses interrogations ont entouré son retour, car à 41 ans Schumi n'aura forcément pas les mêmes capacités physiques que lors de ses glorieuses années. Mais à le voir réaliser des chronos près des meilleurs lors des essais hivernaux, nul doute que son talent est toujours présent. Compétiteur dans l'âme, Schumacher n'a pas l'intention de faire de la figuration, et au sein de l'écurie championne du monde, ses ambitions sont légitimes. «Avec Ross Brawn, qui a encore montré la saison dernière ce dont il était capable, avec Mercedes et son savoir-faire, avec moi là -dessus, je suis désolé, mais on ne peut qu'avoir un seul objectif et c'est être champion du monde». Tout est dit.
La paire qu'il va former avec Felipe Massa chez Ferrari apparaît comme la plus excitante du plateau, et la plus explosive aussi. Comment ces deux hommes au tempérament latin vont-ils arriver à cohabiter ? Si l'on s'en tient à leurs déclarations d'intention, tout devrait bien se passer. Quoi qu'il arrive, pour Alonso, signer pour Ferrari revient à réaliser un rêve d'enfant. Après deux saisons galère chez Renault, qui avaient suivi une année très difficile humainement parlant chez McLaren, l'Espagnol revit en Italie. Il veut aussi stopper sa dégringolade au classement des pilotes (2e en 2007, 5e en 2008 et 9e en 2009), et retrouver le sommet. Il estime d'ailleurs que sa Ferrari est la meilleure monoplace pour cela : «La Ferrari F10 est la meilleure voiture que je n'aie jamais pilotée. Il ne faut pas comprendre que j'ai la meilleure voiture de la grille (...) Mais c'est la meilleure voiture que je n'aie jamais eue. Après, je ne sais pas si cela sera suffisant.» Il y a fort à parier que si...
Le Britannique débute sa quatrième saison chez McLaren et compte bien retrouver le niveau qui l'avait mené au sommet en 2008. L'an dernier, après cinq premiers mois calamiteux avec une MP4-24 pétrie de défauts, il avait retrouvé de sa superbe en s'imposant notamment en Hongrie et à Singapour. La livraison 2010 de sa monoplace semble bien mieux née : «C'est le jour et la nuit entre la McLaren de cette année et celle de l'an passé. Je suis confiant. J'ai gardé un oeil attentif sur le développement de la voiture et les résultats que nous avons eus à la fin de l'année 2009. Je sens qu'il y a un progrès énorme.» Dans une écurie qui a souvent eu d'yeux rien que pour lui, Hamilton se sent toujours comme un poisson dans l'eau. Et les galères de l'an dernier n'ont pu que le faire grandir. A surveiller de près.
Le dernier champion en titre est aussi, assez paradoxalement, celui qui a peut-être le moins de chance de s'imposer cette saison. Parti de Brawn GP pour une question de gros sous, le Britannique a trouvé un nouveau foyer chez McLaren, aux côtés de son compatriote Lewis Hamilton. Après des années de galère dans des monoplaces indignes de son talent, Button a enfin pu prouver en 2009 qu'il n'était pas qu'un playboy, mais aussi un grand pilote. La greffe avec McLaren va-t-elle prendre, sachant que l'écurie pourrait inconsciemment (ou pas) favoriser Hamilton ? Et comment Button va-t-il gérer ce nouveau statut de n°1 mondial ? Pour le moment, il prend ça comme une motivation supplémentaire : «J'ai hâte de grimper dans la voiture vendredi à Bahreïn en sachant que je suis champion du monde. C'est une responsabilité et un honneur, mais c'est quelque chose que je veux apprécier aussi longtemps que possible. Je ne veux pas perdre ce numéro sur ma voiture.» - Fabrice BOSSET