Le 11 novembre dernier, suite à l'abandon de son dernier rival, Mikko Hirvonen, au Rallye de Grande-Bretagne, Sébastien Loeb a glané son huitième titre consécutif. Voilà donc maintenant huit années que le Français domine le WRC, une domination rarement remise en cause par ses adversaires (Marcus Grönholm, Sébastien Ogier), une domination qui nuit d'une certaine manière à l'intérêt de la discipline. Mais qui risque de se poursuivre cette saison. Ogier est parti chez VW et pilotera une Skoda S2000 le temps que sa Polo soit prête ; Hirvonen est arrivé chez Citroën comme second pilote ; Jari-Matti Latvala et Petter Solberg n'auront pas forcément d'armes assez tranchantes chez Ford.
Bref, la route vers un neuvième titre semble ouverte pour l'Alsacien. On peut donc se poser la question de savoir s'il ne va pas se lasser d'être toujours devant, de dominer partout, sans réelle adversité à sa mesure. Le pilote répond que non. «Je prends du plaisir dans tout ce que je fais. J'aime conduire, j'aime les rallyes, j'aime la bagarre !» Le problème est qu'il risque de ne pas y avoir beaucoup de bagarre cette saison. L'absence de Ogier, le meilleur ennemi de l'Alsacien, devrait peser lourd, et Loeb ne rempilera peut-être pas une saison de plus, comme le lui permet son contrat, si jamais il n'y voit plus l'intérêt.
«Quand on est un compétiteur, on a ça dans le sang, et on aime pas perdre. Qu'il connaisse une certaine lassitude, peut-être. Au bout d'un moment, être par monts et par vaux pendant des années, même si c'est extraordinaire, ça peut en effet entraîner un peu d'essouflement. Mais je suis sûr que l'esprit de compétition reste et ça prend largement dessus. Et il est bien entendu le grand favori pour le titre. Il possède quelque chose que les autres non pas, il est capable d'être rapide et régulier, et il sait jusqu'où il peut aller sans dépasser sa limite. Il connaît sa voiture, son équipe, et maîtrise tous ces éléments.»