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Les Championnats d'Europe se sont terminés comme ils avaient commencé, par une Marseillaise, le tube de la semaine à Budapest. Six jours après la victoire de Yannick Agnel sur 400m, le relais 4x100 4 nages masculin a clos en beauté une édition historique pour l'équipe de France. Les Bleus terminent en tête du tableau des médailles de la course, avec 21 breloques dont 8 en or. Du grand art.
1. France (8 or, 7 argent, 6 bronze) ; 2. Russie (7-4-1) ; 3. Grande-Bretagne (6-6-6).
A lui tout seul, Frédérick Bousquet a eu droit à une double dose de Marseillaise dimanche, alors qu'il n'avait encore jamais été sacré champion d'Europe. Le Marseillais a d'abord tenu son rang lors d'un 50m bien maîtrisé. Même si le perfectionniste semblait déçu par le chrono (21''49 contre 21''36 en demi-finales) à l'arrivée d'une course marquée par la troisième place de Fabien Gilot (21''76), seulement devancé par Stefan Nystrand (21''69). «J'avais dit avant la course que je voulais faire comme Cesar (Cielo), qui progresse tout le temps au fil d'une compétition. Mais je n'ai pas fait une coulée assez longue. Je suis quand même content d'avoir encore fait mieux que ses 21''55 de l'Open EDF.» Sur le podium, Bousquet n'a pu chanter la Marseillaise, trop ému. «J'ai pensé à mes proches. Et je ne pouvais pas me lâcher car il restait une course derrière.»
Et quelle course ! Le relais 4x100m avait un enjeu historique : la place de première nation européenne, convoitée par la Russie. Mais le duel attendu a tourné court grâce, notamment, à Camille Lacourt. Le dossiste, trop fatigué pour tenter d'améliorer son record d'Europe, a quand même offert à Hugues Duboscq un avantage de plus d'une seconde. Bousquet, qui avait insisté sur la notion de «plaisir» avec ses coéquipiers avant la course, a ensuite pris soin «de ne pas partir trop vite dans le premier 50m». Enfin Fabien Gilot, préféré à Alain Bernard, et si malheureux après l'échec du relais 4x100m, a eu l'honneur de boucler le triomphe tricolore, avant de sauter dans les bras de ses copains pour une belle sarabande.
Un finish réussi qui pourrait donner des idées au staff français en vue de l'ordre du relais 4x100m l'année prochaine. Et qui permet aussi à Duboscq de goûter enfin à sa première Marseillaise, pour son dixième podium international en grand bassin. Le quatuor a chanté l'hymne national à l'unisson sur le podium. «L'or c'est bien, mais c'est surtout le partage avec les potes qui est le meilleur», a commenté le Havrais, qui a hérité de la coupe du vainqueur et repart les bras pleins, comme 18 des 29 autres nageurs français alignés à Budapest.
Alexandre Queyroy, Ã Budapest
La natation féminine se cherchait une nouvelle tête d'affiche, elle se l'est trouvée avec Ophélie-Cyrielle Etienne. En une semaine, la pétillante Alsacienne a décroché trois médailles d'argent, avec le relais 4x200m et les 400 et 800m. Lors du 400m, elle a bien failli succéder à Laure Manaudou, vainqueur de l'épreuve dans ce même bassin quatre ans plus tôt. Etienne a fait preuve de cran, en s'élançant en tête. Et il a fallu une championne olympique, la Britannique Rebecca Adlington, pour la priver du titre (4'04''55 contre 4'05''40). «Je suis partie en essayant de ne pas me fier aux autres, en me disant qu'il n'y avait pas de raisons pour que ça ne passe pas, a commenté Etienne. Je ne me suis pas posée de questions pendant la course. Dans le dernier 50m, je vois Adlington débouler comme une furie à côté de moi. Je suis peut-être la patronne sur cette compétition mais il reste beaucoup d'échéances avant les JO, et c'est là qu'on verra qui domine en France.» En revanche, Coralie Balmy n'a fini que 6e (4'09''72), avant de passer de longues minutes la tête enfouie sous une serviette. Sur 200m papillon, Aurore Mongel a abandonné son titre à la Hongroise Katinka Hosszu (2'06''71), en terminant 5e (2'08''87), sans perdre son sourire. «Je me suis fait plaisir toute la semaine. Quand on finit à plus d'une seconde du relais, il ne peut pas y avoir de regrets.»

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...