«Les Français ont été faibles dans beaucoup trop de paramètres : ballons perdus, touche peu conquérante et une mêlée qui finalement n'a pas pris le dessus. Ce qui est inquiétant, c'est cette incapacité des hommes de Marc Lièvremont à tenir les temps de jeu. Souvent, au bout de trois, quatre temps de jeu, le ballon était rendu. C'est un manque d'habitude dans le jeu courant, que ce soit en équipe de France ou dans notre Top 14. Les Australiens, les Sud-Africains et les Néo-Zélandais - grâce au Super 14 que l'on a tendance à critiquer en Europe en assurant que c'est un Championnat fantaisiste où les fondamentaux de ce sport sont galvaudés au bénéfice du spectacle - ont la capacité à assumer leur dimension offensive en tenant le ballon. Après, c'est vrai que l'arbitrage n'est pas limpide, ça devient très compliqué.
«Ce qui inquiétant, c'est cette incapacité des hommes de Marc Lièvremont à tenir les temps de jeu. C'est un manque d'habitude dans le jeu courant, que ce soit en équipe de France ou dans notre Top 14»
Les joueurs de l'équipe de France n'ont pas ces automatismes pour jouer ainsi au coeur des défenses. On se gaussait d'un 72-65 en Super 14 mais d'un autre côté c'est formateur. Le premier essai des Boks vient d'une offensive des Français qui manquait de fluidité avec un ballon "dégueulé" par David Marty. La première stratégie était d'éviter de leur rendre les ballons dans les rucks ou sur des en-avants. Il y a également près de 20% de plaquage manqué. C'est beaucoup trop à ce niveau là. La mêlée et la touche n'étant pas conquérantes, les Bleus n'ont pu s'appuyer sur leur conquête comme lors du Tournoi qui a sacré les fondamentaux et non de la dimension offensive. En revanche, Wenceslas Lauret s'en est très bien sorti, récupérant de bons ballons.
Alors oui, le Super 14 est spectaculaire. Mais je crois que l'on devrait regarder d'une autre manière ce Championnat. Il faut que l'on a arrête de le railler. Aujourd'hui, le Top 14 n'arbitre pas la zone du plaqueur-plaqué comme dans l'hémisphère Sud et ne favorise pas le jeu offensif. Il faut se mettre au diapason. Il n'y a pas beaucoup d'équipes capables d'enchaîner les temps de jeu. J'aurais même tendance à dire que ce sont plutôt les équipes du bas de tableau qui font le plus de jeu car elles savent qu'elles n'ont pas les joueurs pour rivaliser dans la dimension physique. Pour redynamiser les ballons lents, cela demande un très long travail, énormément d'exigence, de vigilance. Il est plus facile de s'en remettre à un jeu à mon sens désuet.»

Biarritz a bien démarré l'année, et a quitté la dernière place du Top 14. Ce qu'a montré...