L'entrée en jeu du champion de France avait été pour le moins laborieuse. Une défaite face à Perpignan et une victoire au finish et dans la douleur face à Bourgoin laissaient entendre que Clermont pouvait faire bien mieux. Devait faire bien mieux. Les retrouvailles avec leur stade Marcel-Michelin étaient l'occasion idéale pour les Clermontois de briller et de se montrer dignes de leur statut. La réception de leurs ennemis intimes brivistes était un élément supplémentaire permettant d'attendre de voir le vrai visage du champion.
Comme si la gueule de bois estivale qui avait suivi les festivités autour du Brennus n'était pas complètement effacée, l'ASM mettait un peu de temps à entrer dans la rencontre. Pour tout dire, le match n'était pas loin du crispant. Mais à la demi-heure de jeu, une merveille de passe de Brock James créait la brèche et Julien Malzieu n'avait qu'à accélérer pour aller à dam. On ne le savait pas encore, mais le match était presque plié.
Plié car même si les Brivistes tentaient énormément, ils ne parvenaient jamais à prendre à revers une défense toujours vigilante. Comme face à Bourgoin, Clermont se révélait un animal à sang froid, sachant attendre le bon moment pour placer son accélération, ne consumant plus ses forces dans un rugby total mais pas toujours productif. Cette saison, Clermont marque sur ses temps forts et semble choisir le meilleur moment pour porter l'estocade. Ainsi, James claquait un drop dès l'entame de la seconde période et permettait à son équipe d'évoluer plus tranquillement, sans pression. Et quand l'ASM joue comme ça, tout peut aller très vite. Vermeulen, en force, et Debaty, sans opposition après une bonne touche, inscrivaient les deux derniers essais, synonymes d'un nouveau bonus offensif pour les Jaunards. La fête prévue a bien eu lieu au Michelin et Brive n'a eu que les miettes. - Bertrand LAGACHERIE

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