Ce n'est pas la peine de parler à Julien Lizeroux de la pression liée aux JO ou de son statut de leader de l'équipe de France, il esquive la question comme un piquet de slalom. «Pour moi, c'est une course comme les autres», lance le skieur de La Plagne avec son habituel air détaché. «La seule différence avec la Coupe du monde, c'est le village olympique où on est surveillé en permanence.» Depuis son arrivée à Vancouver, il y a une dizaine de jours, Lizeroux a eu le temps de prendre la température du Canada, où il n'avait jamais skié, et des JO, qu'il découvre à 30 ans. Dimanche, il sera enfin dans le portillon de départ pour le super-combiné, inialement prévu mardi.
Sa décontraction et ses résultats aux derniers Championnats du monde de Val d'Isère (médaille d'argent en slalom et super-combiné) en font le sauveur désigné pour une équipe de France qui a achevé les épreuves de vitesse avec deux septièmes places (Marchand-Arvier et Poisson en descente) comme seuls trophées. «Attention, je ne suis pas un leader. Je skie d'abord pour moi, prévient-il pour détourner les attentes. On dit que je suis un skieur des grands événements mais pour l'instant, je n'en ai réussi qu'un, les championnats du monde à Val d'Isère.» Dimanche sur la piste Dave Murray de Creekside, Lizeroux figurera malgré tout parmi les outsiders du super-combiné. Avec une condition : que son chrono de descente ne le laisse pas à plus de deux secondes des meilleurs avant la manche de slalom. Le défi n'a rien d'évident pour ce technicien tant la piste bosselée de Whistler a secoué les concurrents aussi bien en descente qu'en Super-G.
Les favoris du super-combiné sont d'ailleurs à chercher du côté des deux premiers podiums des JO : non seulement Aksel Lund Svindal et Bode Miller ont prouvé qu'ils avaient pris la mesure de la piste mais le Norvégien et l'Américain sont assez polyvalents pour résister aux meilleurs slalomeurs entre les piquets. Ils trouveront face à eux le champion olympique en titre Ted Ligety ou le leader de la Coupe du monde Benjamin Raich. Ces skieurs au profil plus technique seront avantagés par le tracé du slalom, élaboré par le père (et entraîneur) d'Ivica Kostelic. «Avec lui, on sait que ce sera un vrai slalom», se félicite Julien Lizeroux. - A. T.-C., à Whistler
LE PROGRAMME. Descente à 9h30 (18h30, h.f.), slalom à 12h15 (21h15, h.f.). LES PRINCIPAUX ENGAGES : Ted Ligety (USA/n°3),Aksel Lund Svindal (NOR/n°13), Silvan Zurbriggen (SUI/n°16), Carlo Janka (SUI/n°17), Natko Zrncic-Dim (CRO/n°18), Romed Baumann (AUT/n°19), Bode Miller (USA/n°20), Benjamin Raich (AUT/n°21), Ivica Kostelic (CRO/n°22). LES FRANÇAIS : Johan Clarey (n°5), Thomas Mermillod-Blondin (n°7), Julien Lizeroux (n°11), Adrien Théaux (n°26).

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