Les Suisses n'avaient plus gagné en descente à Bormio depuis 1985, année de l'inauguration de la Stelvio, piste aujourd'hui devenue mythique tant par ses difficultés techniques que physiques. A l'époque, c'est Pirmin Zurbriggen qui s'était imposé à l'occasion des championnats du monde. Il aura donc fallu attendre 26 ans pour voir à nouveau non pas un, mais deux descendeurs helvètes monter sur le podium en Lombardie. Car jeudi, pour la troisième étape de la saison, Didier Defago a devancé son compatriote Patrick Kueng (+0"29) et l'Autrichien Kroell (+0"42), empochant au passage sa première victoire de la saison, la quatrième de sa carrière en Coupe du monde, la troisième en descente.
Dans des conditions rendues difficiles par une mauvaise visibilité, la course a été très animée. Les leaders se sont succédés tour à tour jusqu'au passage du champion olympique donc, qui n'a ensuite plus quitté la première place. Très fort aussi bien dans le haut du parcours, sur la portion plus sinueuse, que dans le bas sur la section plus rapide, Defago a su également éviter les nombreux pièges tels que les mouvements de terrain et vaguelettes incessantes pour s'imposer. Là où certains, qui avaient pourtant le profil idéal de vainqueur, sont partis à la faute, lui n'a commis aucune erreur, pas même sur le spectaculaire Saut du San Pietro. Résultat, il revient tout près de ses compatriotes Beat Feuz et Didier Cuche au classement de la discipline.
Rentrés frustés d'Italie il y a quinze jours après l'annulation de l'épreuve de Val Gardena pour cause de vent, alors qu'ils occupaient la tête, Johan Clarey et Adrien Théaux garderont encore un souvenir mitigé de le retour de l'autre côté des Alpes. Très bien placé aux entraînement, Théaux, qui avait en plus hérité d'un excellent dossard (8), n'a pas su en profiter. Devant aux temps intermédiaires, le skieur de Val Thorens a commis la faute de trop, celle qui a lui faire perdre toute son avance, pour terminer finalement 14e. Il était furieux dans l'aire d'arrivée. Clarey a fait un peu mieux (7e), occupant même la tête l'espace d'un instant. Mais il termine néanmoins à plus d'une seconde du vainqueur, tout comme Yannick Bertrand (11e). La Suisse était trop forte aujourd'hui. - H.S.


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