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Le 07/06/2009 à 17:08 | Mis à jour le 18/06/2009 à 21:10
 

Tennis - RG (H)

Federer, champion des champions

La joie de Roger Federer après la balle de match de sa finale contre Robin Söderling, qui lui offre le titre à Roland-Garros 2009.(REUT)
La joie de Roger Federer après la balle de match de sa finale contre Robin Söderling, qui lui offre le titre à Roland-Garros 2009.(REUT)
Submergé par l'émotion, Roger Federer peut savourer son entrée au Panthéon du jeu avec sa victoire (6-1, 7-6, 6-4 en 1h55') contre Robin Söderling. Avec quatorze titres du Grand Chelem, record égalé de Pete Sampras, et un trophée majeur sur quatre surfaces différentes comme Andre Agassi, le Suisse devient bien le meilleur joueur de l'histoire du tennis.

Quand Roger Federer s'écroule à genoux sur le Central de Roland-Garros, se prend le visage dans les mains, tout le poids d'une si longue attente et d'une infinie pression s'échappe de ses épaules et les larmes de joie peuvent se mêler à la pluie wimbledonienne... Il a enfin sa réponse, il l'attend passionnément depuis des années. Et l'Histoire du tennis ne se pose plus de questions pour accrocher un nom à son panthéon. Le meilleur joueur de tous les temps se nomme Roger Federer avec quatorze titres du Grand Chelem, record égalé de Pete Sampras, et un titre majeur sur quatre surfaces différentes comme Andre Agassi, venu lui remettre le trophée. Seule la Coupe des Mousquetaires finit par lui peser dans les bras. Pour le reste, il présente le visage d'un enfant devant un arbre de Noël.

Quarante minutes après sa victoire, il est encore sur le court sous la pluie à signer des autographes et à répondre à des interviews. Puis il pose pour une photo souvenir avec le personnel d'entretien. Tout le monde veut son cliché avec la légende. Le temps est suspendu. Il resterait des heures sur ce court Philippe-Chatrier, théâtre de son plus grand exploit. Comment ne pas savourer encore davantage ce qui vous a toujours résisté obstinément ? Lui, le joueur le plus polyvalent. Lui, le joueur le plus doué. Lui, le joueur le plus complet. Lui, le joueur le plus aimé du public français. Comment Roland-Garros pouvait-il lui échapper ? En 1h55' d'un tennis magnifique (6-1, 7-6 [1], 6-4) face à Robin Söderling, Roger Federer a remis l'histoire à l'endroit. Il lit parfaitement le service adverse et varie le jeu à merveille avec son revers slicé et des amorties assassines. En haut des tribunes, même cette supportrice de Rafael Nadal brandit un drapeau espagnol avec le nom de Federer. Seul un abruti qui surgit sur le court et se rue sur le Suisse à 6-1, 2-1 avec le drapeau du Barça, trouble la quiétude du moment. Le service de sécurité met un temps qui apparaît bien long pour intervenir et plaquer l'intrus.

«Je n'ai jamais été aussi tendu»

Le jeu peut reprendre et l'histoire se remettre en route pour un tie-break d'anthologie : quatre services, quatre aces pour Roger Federer, une attaque de coup droit, une attaque de revers et une amortie gagnante. Quand Robin Söderling parle de «leçon» lors de la remise des trophées, le Suédois exagère à peine. Mais il faut conclure. Roger Federer a beau s'inscrire comme le meilleur joueur de tous les temps, il ne peut que penser. Penser à son premier titre Porte d'Auteuil, penser au poids de l'histoire, penser à ce titre qui s'est toujours refusé à lui. Et la réflexion devient vite l'ennemi du bien dans de telles circonstances. «C'est difficile de rester calme. Je connaissais l'importance de cette victoire, avoue le numéro 2 mondial. Je n'ai jamais été aussi tendu qu'au début du troisième set.»

Après avoir éliminé Rafael Nadal en huitièmes de finale, Robin Söderling lui donne un deuxième coup de main en commettant une double faute et une erreur en coup droit lors du premier jeu de la troisième manche. Eh oui, Robin, une finale de Grand Chelem n'est pas un match «normal». Eh oui, Robin, la pluie et le vent ne favorisent pas le jeu à plat. Avant la finale, le Suédois a tenté de se convaincre de la banalité de l'événement et du temps pluvieux. Après la finale, il s'est tout simplement incliné avec beaucoup de fair-play et d'humour devant « le meilleur joueur de tous les temps. » Pourtant, Roger Federer a dû vivre le plus long jeu de sa carrière sur son service à 5-4. Fébrile, le Suisse commet une grossière erreur à la volée pour offrir une balle de break à son adversaire qui échoue avec un coup droit boisé. Pour souffler, il peut dégainer son arme majeure du tournoi, le service. L'histoire ne retient pas ses 16 aces ou ses 100% de points gagnés sur son premier service lors de la première manche. L'histoire ne retient pas son long chemin pour arriver jusqu'en finale. L'Histoire retient qu'il a réussi à vaincre tous ses démons pour décrocher son rêve. Et c'est ça, un champion.

Sophie DORGAN, à Roland-Garros

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