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Robin Söderling contre Tomas Berdych sur le court Philippe-Chatrier, c'est un peu l'attaque des clones en trois dimensions avec lunettes de soleil. Opposé à un joueur qui lui ressemble tant, grand serveur, serial cogneur et destructeur en coup droit, le Suédois a longtemps peiné à trouver à l'ouverture vendredi en demi-finales, jetant même une raquette de rage quand il s'est retrouvé mené deux manches à une. Malgré trois centimètres en moins que son adversaire (1,93 m contre 1,96 m), le numéro 7 mondial a prouvé au terme de 3h27' d'une lutte accrochée mais au rythme saccadé qu'il était encore le plus grand des cogneurs : plus puissant, plus résistant, Söderling a finalement harassé de ses coups Berdych en cinq manches pour se qualifier pour sa deuxième finale en Grand Chelem, la deuxième d'affilée à Roland-Garros.
Dans ce duel entre faux frères, les deux joueurs se sont rendu coup (gagnant) pour coup (gagnant). Avec un mercure qui grimpe à 28 degrés et un ciel enfin balayé de nuages, ça a cogné sur la tête des spectateurs. Ça a cogné aussi sur le court entre un Söderling qui s'est appuyé sur un service fulgurant (21 aces, des pointes à plus de 220 km/h) avant de lancer son coup droit (62 coups gagnants) et un Berdych qui a construit son jeu sur un service tout aussi surpuissant (18 aces) et des gifles à peine moins décisives (41 coups gagnants pour 42 fautes directes) Apparemment plus tendu, le Tchèque de 24 ans a peiné pour catapulter d'entrée les balles qui lui ont offert cinq victoires en trois sets jusque-là . Avec des échanges réduits au strict minimum, une seule baisse de régime au service a réussi à bouleverser le rapport de force : une double faute du Tchèque au sixième jeu a offert le break et le premier set (6-3 en 33') au Suédois : «C'est peut-être le tournant du match. J'ai mal joué ce jeu, avec des fautes faciles. Sans ce break, le match aurait été vraiment différent.»
Coincé sur sa ligne de fond pendant les deuxième et troisième manches, malmené par les frappes de son adversaire qui nettoyait les lignes, Söderling a néanmoins été cantonné sur une stratégie plus défensive que prévu (63 fautes directes pour 62 coups gagnants). Sur le chemin qui lui a offert deux manches d'avance, Berdych a aussi montré dans une partie sans rythme qu'il avait plusieurs atouts dans sa raquette comme ce lob parfaitement touché après un premier passing sur l'homme. Mais moins mobile que son adversaire, un peu moins puissant, le 17e joueur mondial n'a pu tenir le rythme au-delà de 2h30 de jeu. Plus lucide dans l'art de tutoyer les lignes, Söderling a aussi finalement cassé le code du service adverse : en milieu de match, Berdych a gagné le 3e set sur deux aces consécutifs ; en fin de rencontre, Söderling a lancé la conquête du cinquième set (break d'entrée) sur une série de retours de service laissant le géant sur place. A-t-il une préférence entre Melzer et Nadal pour la finale, lui demande-t-on quelques secondes après sa balle de match ? «Oui, heu ... non», a grimacé le seul tombeur de ''Rafa'' à Roland-Garros. - A. T.-C., à Roland-Garros