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«Tu grandis. Tu deviens plus mature. Tu as vécu différentes situations et tu les gères mieux. J'ai beaucoup appris du passé.» Vera Zvonareva (n°21) a donc bien grandi, est devenue plus mature et gère mieux le stress. Sa victoire (3-6, 6-3, 6-2) contre Tsvetana Pironkova illustre ce changement mental. Pour atteindre sa première finale de Grand Chelem, les pleurs et les crises de nerfs d'antan ont été remisés au rayon des erreurs de jeunesse. A 25 ans, elle a mis son intelligence au service de son jeu et transformé sa fragilité nerveuse en sensibilité positive.
Pourtant son adversaire bulgare a tout pour fissurer l'édifice. La 82e mondiale possède un jeu très atypique. Son coup droit est plus faible, elle varie avec une espèce de saucissonnage d'un autre temps et met la balle dans le court. Son revers est plus fort, elle fait donc des décalages revers. Au premier set, Vera Zvonareva vit un test grandeur nature. Les variations de la tombeuse de Marion Bartoli et Venus Williams la perturbent et elle ne trouve pas son rythme. Pour pimenter l'histoire, Tsvetana Pironkova breake sur un retour let gagnant à 3-2.
De quoi voir rouge pour les grands yeux bleus de l'ancienne n°5 mondiale ? Non, elle encaisse et ne montre pas sa frustration. Après la perte du premier set, elle ne s'apitoie pas sur son sort et change juste de stratégie. Plus complète et plus puissante que son adversaire, elle décide de l'agresser et n'hésite plus à venir chercher les points au filet. Et son audace est récompensée à 3-2 sur un revers gagnant.
Concentrée et appliquée, elle garde sa ligne de conduite et enfonce la Bulgare. Elle ne surjoue pas, elle ne panique pas et conclut comme une grande. Sur son visage, son adversaire ne lit plus ses états d'âme comme dans un roman de gare. Elle ne se laisse qu'un instant d'abandon pour fêter sa victoire. C'est la moindre des choses. Elle a souffert en 2009 avec sa blessure à la hanche. En 2010 elle peut savourer. - Sophie DORGAN
ZVONAREVA : «J'AI TOUJOURS CRU EN MOI»
«Je savais à quoi m'attendre contre Tsvetana. Le début de match était difficile car c'est une adversaire compliquée, notamment sur gazon. Mais j'ai réussi à renverser la situation. J'ai toujours cru en moi. J'ai toujours su que je pouvais le faire. Cela arrive avec l'expérience. Je gère mieux les différentes situations. Je ne réalise pas encore que je suis en finale. C'est un de mes rêves de jouer ici sur le Centre Court et de disputer la finale de Wimbledon.»