[an error occurred while processing this directive]
Il faut toujours écouter Serena Williams quand elle parle de tennis. C'est trop rare mais très précieux. L'Américaine aime la diversion. Alors elle parle de mode, de bijoux, de shopping, de cinéma... Elle garde souvent ses pensées tennistiques pour le court. Pourtant elle voit souvent juste quand elle se livre à une analyse sportive. Pour elle, Petra Kvitova est loin d'être une inconnue et elle s'en méfie : «C'est vraiment une très bonne joueuse. Je ne suis pas étonnée de l'affronter.» Elle a bien raison et sa victoire (7-6 [5], 6-2 en 1h33') contre la Tchèque illustre sa prescience.
Très talentueuse, la gauchère tchèque n'est pas une "-ova" de plus. Elle possède une belle main, lance des fulgurances en coup droit à la Henri Leconte, balance des services slicés du haut de ses 1,83 m et peut délivrer des revers d'attaque à deux mains ou des approches en slice à une main. Et la numéro 1 mondiale le constate à ses dépens avec un premier break encaissé à 3-2. Mais elle a 20 ans et aucune expérience d'une demi-finale de Grand Chelem.
Alors Petra Kvitova force et offre le débreak à 4-3 au premier set sur trois fautes de coup droit. Alors elle offre le break à 3-2 dans la deuxième manche sur quatre fautes directes, puis le double break sur une double faute. Dans le jeu, Serena Williams souffre. Il lui reste son arme majeure. Il faut encore l'écouter. «Je n'ai jamais servi aussi bien», assène-t-elle avant sa demi-finale. Pendant le match, elle tient grâce à sa première balle (70% de premières balles, 7 aces, 77% de points derrière sa première balle).
Et la numéro 1 mondiale joue intelligemment sans chercher le point gagnant systématiquement. Elle fait jouer, sait aussi attendre la faute directe (14 fautes directes pour Williams, 20 pour Kvitova) et imposer sa présence physique. Cela s'appelle l'expérience. Seule la balle de match sur un let gagnant laisse le hasard entrer dans le destin de Serena Williams. Elle n'a toujours pas perdu un set de la quinzaine. Comme toujours en Grand Chelem, la numéro 1 mondiale reste la patronne. - Sophie DORGAN
SERENA : «NE PAS ME METTRE LA PRESSION»
«Le danger, ce serait de me mettre trop de pression (avant la finale). Sur le papier, je devrais gagner. Mais Vera a battu de bonnes joueuses. Dans ses deux derniers matches, elle était menée 1 set à 0, ça veut dire que c'est une combattante.» (AFP)