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Qu'est-ce que l'intensité ? Facile, ouvrez un dictionnaire : « degré d'activité, de force ou de puissance ». Plus simple et plus concret, regardez jouer Rafael Nadal. Le Majorquin personnifie à merveille l'intensité et Andy Murray l'a encore appris à ses dépens avec une défaite (6-3, 7-6 [6], 6-4 en 2h22'). Plus le tournoi avance, plus le Majorquin apparaît indestructible. Le Britannique devait casser un mur, mais il a encore oublié le marteau-piqueur.
Dans les tribunes avec son fils, David Beckham connaît l'importance de ne pas louper le cadre quand une occasion se présente. Son ami Andy le sait, mais son bras se tend lors des points importants. L'Ecossais joue plutôt bien dans l'ensemble, mais l'Espagnol joue toujours très bien sur les points clés (1/3 sur les balles de break pour Murray, 3/4 pour Nadal). Véritable formule 1 sur le court, il étouffe son adversaire physiquement. Véritable combattant, il pollue l'esprit du 4e mondial par son mental hors du commun. Il ne lâche rien. Jamais. Et ce message trotte dans la tête de ses adversaires. Comme une guêpe, il pique au moindre danger.
Au premier set, il saisit sa seule occasion à 5-4. Au deuxième set, le tie-break est un modèle d'abnégation. N'importe quel joueur aurait été assailli par les regrets après avoir commis une double faute à cinq points partout. Rafael Nadal n'est pas n'importe qui. Il tourne la page immédiatement avec une attaque de coup droit et une belle volée de revers amortie pour sauver une balle de set sur le service du Britannique. Cela s'appelle jouer point par point... Et la chance le "récompense" avec un passing qui touche la bande et surprend Andy Murray. Cette gestion parfaite des points importants prend racine dans la confiance accumulée. «Tous les matches gagnés sur terre battue, notamment Roland-Garros, m'ont donné beaucoup de confiance pour aborder ces points importants», explique Rafa à sa sortie du court.
L'intensité, c'est aussi une question de dosage. Après l'adrénaline du tie-break, il se déconcentre et cède son service. Andy Murray tient jusqu'à 4-2. Le numéro 1 mondial ressert alors son étreinte, aligne quatre jeux d'affilée et démontre aussi son intelligence de jeu. Avec son coup droit, il fait mal. Avec son revers slicé, il torture le coup droit de l'Ecossais. Avec son service, il cherche l'efficacité. Il ne donne pas une balle identique à frapper, il use son adversaire et n'hésite pas à venir conclure au filet (23 points gagnants sur 26 montées). Après sa victoire, il peut s'écrouler sur la terre, non pardon sur le reste de gazon du Centre court. Décompressée après une telle intensité, c'est une juste récompense. - Sophie DORGAN
NADAL : «J'AI SAISI MA CHANCE»
«C'est une des plus belles victoires de ma carrière. J'ai bien servi et j'ai de très bonnes sensations en coup droit. Quand j'ai eu mes chances, je les ai saisies, c'est ce qu'il y eu de plus important dans ce match. Andy est un grand joueur. Ce sont toujours des matches très durs contre lui. Il a un bon service et il bouge très bien. Il semble être toujours là où on veut envoyer la balle. Ca s'est joué sur de petites choses. Je n'ai eu aucun problème de genou depuis trois matches, mais ça peut revenir. Berdych a fait un tournoi superbe. Il a un gros service, de grands coups à plat du fond du court, ce sera très dur. Jouer quatre finales de suite, c'est plus que je ne pouvais imaginer.» (AFP)
MURRAY : «IL A ETE EXCELLENT»
«J'ai eu ma chance à tous les sets. Je n'ai pas vu les stats, mais je pense qu'il ne doit y avoir que cinq ou six points d'écart (en fait 7). Il a mieux joué que moi, mais je suis déçu parce que j'ai eu des occasions. Je n'ai pas fait un mauvais match du tout. Je n'ai pas bien retourné, mais pour le reste mon jeu était plutôt bon. Son service est plus dur à retourner qu'on ne le pense souvent. Il est très slicé et très lourd. Je me suis mis parfois en bonne position, mais je n'ai pas pu en profiter. Il a été excellent. Il est très en confiance. C'est un des plus grands joueurs de tous les temps, celui que je préfère regarder jouer. Il sera favori en finale.» (AFP)