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Tout le monde parle de son jeu de jambes, de sa puissance ou de son coup droit. Et si on oubliait l'essentiel ! Sa tête. Rafael Nadal (n°2) personnifie le champion. Dans la balance d'une finale de Grand Chelem, le muscle ne pèse pas autant que le cerveau. Ce n'est plus une question de technique. Le mental concentre tous les espoirs. Et sur gazon, la faculté de concentration devient une condition de survie. Pour dominer (6-3, 7-5, 6-4 en 2h13') Tomas Berdych (n°12) et décrocher son huitième titre du Grand Chelem, l'Espagnol a agi avec sa tête et son coeur.
Comme en demi-finale contre Andy Murray, le numéro 1 mondial a joué juste. Plus le set avance, plus son intensité monte. Plus le moment important approche, plus son acuité visuelle s'aiguise. Lors des six premiers jeux du match, il observe. Au septième jeu, il pique. La première balle du Tchèque (1/5) s'enraille, le Majorquin se jette sur l'occasion pour délivrer un premier grand passing en bout de course puis finir sur un bon retour en revers.
Dans son box, Toni Nadal l'encourage et lui montre sa tête pour lui signifier : reste concentré, petit... L'oncle a vu juste, la décompression l'amène à sauver trois balles de break dès le premier jeu. Fausse alerte. Dans les tribunes, Björn Borg peut sourire. En termes de faculté de concentration, il a trouvé son fils spirituel. A 6-5 dans la deuxième manche, Jenson Button voit l'accélération du Majorquin dans la grande ligne droite avec un break sur un jeu blanc. Et il récidive à 5-4 dans le troisième set.
Novice en finale de Grand Chelem, le Tchèque se montre trop tendre. Ses coups ne font pas vraiment mal à son adversaire car l'Espagnol a beaucoup appris de ses trois défaites contre le 13e mondial. Il sait qu'il doit prendre le jeu à son compte et ne pas laisser les clés du jeu à Tomas Berdych (29 points gagnants pour Nadal contre 27 pour Berdych). Alors il se montre agressif et bouscule en permanence le joueur de Prostejov. Et si l'intelligence se définit par la capacité d'adaptation, Rafael Nadal est très intelligent à l'image de ses petits revers slicés qui mettent au supplice le Tchèque. Il ne laisse rien au hasard. Quand il s'écroule de joie sur le Centre Court, cela ressemble déjà à une tradition. Et il n'a que 24 ans. - Sophie DORGAN