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Le 11/07/2010 à 20:47 | Mis à jour le 11/07/2010 à 21:15
 

Tennis - Davis

Audace et cohésion

Conquérante et audacieuse, l'équipe de France a vécu un week-end parfait pour éliminer (5-0) l'Espagne et s'offrir une demi-finale contre l'Argentine. C'est l'alliance de la cohésion et du niveau de jeu.
Les joueurs français se félicitent, sous le regard de leur capitaine, Guy Forget.(EQ)
Les joueurs français se félicitent, sous le regard de leur capitaine, Guy Forget.(EQ)

La grande Histoire retient le résultat : 5-0 pour l'équipe de France contre l'Espagne, une première depuis 1923 pour les Bleus, la pire défaite des Ibériques depuis 1957. La petite histoire de ce quart de finale recèle une montagne d'images fortes et de souvenirs où l'anecdote en dit parfois plus que le score. Quand Julien Benneteau et Michaël Llodra remportent le point décisif, la réaction de tous dénote la cohésion du groupe, à l'instar de Gaël Monfils qui saute sur le court avec le drapeau tricolore ou de Gilles Simon qui part draper Michaël Llodra, le grand bonhomme du week-end. «Voir les yeux de Gaël quand ils ont gagné le double, c'est magique, cela vaut tout l'or du monde», savoure Guy Forget, qui communique de mieux en mieux avec Gaël Monfils.

L'esprit de groupe et la cohésion d'équipe

A Toulon, Jo-Wilfried Tsonga est apparu comme le ciment de l'équipe et le lien intergénérationnel. A Clermont-Ferrand, le numéro 1 français est absent et l'état d'esprit demeure. C'est souvent dans l'adversité qu'on compte les troupes. En Auvergne, tous les joueurs ont répondu présent. «On a tous confiance les uns envers les autres, explique Julien Benneteau, très ému après sa victoire en double devant toute sa famille. On vit bien ensemble.» La Coupe Davis à la française a toujours laissé une large place à l'affectif. A chaque fois que les Bleus ont soulevé le Saladier d'Argent (9 reprises), la cohésion et les valeurs humaines ont été mises en avant. «Ils ont la chance de pouvoir vivre quelques semaines par an des notions de partage, de générosité, de tolérance, se réjouit le capitaine. C'est tout ce qui manque au tennis. Ils l'ont fait là. Ils l'ont fait à Toulon au premier tour. Et j'espère qu'on va pouvoir aborder la prochaine rencontre avec le même état d'esprit.»

Audace, opportunisme et offensive

Mais l'état d'esprit sans le niveau de jeu, c'est une pièce montée sans crème. C'est bien beau sur la table, mais cela n'a aucun goût en bouche. Pour atteindre sa première demi-finale de Coupe Davis depuis 2004, l'équipe de France a allié le beau et le bon avec un mélange «d'audace, d'opportunisme et de bluff» selon Guy Forget. Les Bleus ont joué pour gagner et non pour ne pas perdre. Avec son jeu de service-volée, Michaël Llodra a conquis « la plus belle victoire de sa carrière » contre Fernando Verdasco et a donné une leçon de tennis offensif sur surface rapide. Avec ses qualités d'incroyable combattant, Gaël Monfils a délivré un de ses meilleurs matches de la saison pour terrasser David Ferrer. Avec sa polyvalence et son dévouement, Julien Benneteau a vécu son rêve d'enfant quand il a découvert le tennis à Gerland en 1991. Et Gilles Simon a été beaucoup plus qu'un «coupeur de citrons» comme il le dit en plaisantant. Sa présence a rassuré son grand copain, Gaël Monfils, et son implication a encore pesé dans le groupe.

Et maintenant l'Argentine

Toujours pragmatique et lucide, Gilles Simon ne tombe pas dans l'enthousiasme béat : «On n'a fait que la moitié du chemin. On a gagné deux matches, il en reste deux autres à gagner et ce ne seront pas les plus faciles. Il va falloir rester bien concentré et profiter de notre avantage de jouer à domicile.» Et ce n'est pas le moindre des avantages, Clermont-Ferrand l'a prouvé avec le choix de la surface très rapide qui s'est révélé très important. Pour affronter l'Argentine, les joueurs et le capitaine ne se sont pas encore concertés. «On va faire un conférence call mercredi pour parler de la surface et savoir si on joue en indoor ou à l'extérieur. On aura besoin de notre équipe au complet, mais c'est un challenge fabuleux, annonce Guy Forget en soulignant du bout des lèvres l'option de Roland-Garros sur dur. C'est une équipe qui n'est pas plus forte que l'Espagne. Il faut y aller avec un esprit conquérant.» Le principal danger se nomme David Nalbandian car Juan Martin Del Potro ne devrait pas être remis de son opération au poignet. En quatre confrontations, les Bleus n'ont jamais perdu contre l'Argentine. Mais comme le dit Gilles Simon à l'évocation de la première victoire des Français sur les Espagnols depuis 1923 : «Je m'en fous qu'on n'ait pas battu les Espagnols depuis un siècle. Je n'ai jamais joué contre l'Espagne. C'était une nouvelle rencontre. On a des bons joueurs, on a à chaque fois notre chance.» Ils veulent écrire leur histoire et si elle peut rejoindre la grande... - Sophie DORGAN, à Clermont-Ferrand

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