«Stanislas Wawrinka, comment analysez-vous votre match et comment vivez-vous cette première qualification pour un quart de finale en Grand Chelem ?
C'était un match très difficile, très compliqué, mais je suis très satisfait de m'être battu jusqu'au bout. Je suis bien sûr très heureux d'atteindre pour la première fois les quarts de finale. Là , j'essaie de faire redescendre la pression, de profiter un peu et petit à petit, je me mettrai dans le match de jeudi.
Pouvez-vous décrire cette pression ?
Quand on joue un match en cinq sets, sur le central, contre un Américain devant un tel public, il y a beaucoup de pression et d'intensité. Une fois le match fini, on se relâche complètement et on évacue tout ce qui s'est passé pendant le match. Vu le prochain match, je n'ai pas envie de trop me réjouir car je sais qu'il y a encore quelque chose à faire.
«Peter (Lundgren) m'a bien compris. Sur le terrain, il me donne beaucoup de confiance et m'aide à assumer mes choix, à les faire à fond et à continuer malgré mes erreurs.»
Quand sont apparues vos douleurs à la cuisse ?
C'est apparu dès le début du match et j'ai connu plusieurs poussées de douleur pendant le match. Hier (lundi), ce n'était pas terrible, je n'ai pas joué longtemps. Ce matin, cela allait un peu mieux. Forcément, un match en cinq sets n'aide pas, mais je ne m'inquiète pas trop. Je ne pense pas avoir aggravé la blessure. C'est une petite élongation.
Cette douleur explique-t-elle votre volonté d'aller au filet ?
Non. Avec le vent, c'est toujours plus difficile quand on est sous pression, surtout avec la fatigue. En fin de match, cela me fait gagner car je le mettais directement sous pression après le retour et ce n'était pas évident pour lui de trouver des solutions et de tirer des passings.
Votre blessure vous libère-t-elle paradoxalement l'esprit ?
Non, pas du tout. Au contraire. Ce n'est pas une vraie blessure, car je peux me déplacer correctement et j'ai tenu quatre heures aujourd'hui. Il faut juste accepter la douleur. Cela m'a surtout embêté hier (lundi) et il fallait en faire vraiment abstraction aujourd'hui (mardi).
Que vous apporte Peter Lundgren ?
C'est un entraîneur avec beaucoup d'expérience. Il a travaillé avec de très grands joueurs (Federer, Rios, Safin, ndlr) qui ont gagné des Grands Chelems. Il a déjà vécu toutes ces émotions, il sait ce qu'il faut faire. Il m'a bien compris même si cela fait peu de temps qu'on est ensemble. Sur le terrain, il me donne beaucoup de confiance et m'aide à assumer mes choix, à les faire à fond et à continuer malgré mes erreurs.
Comment appréhendez-vous votre prochain tour, Mikhail Youzhny ?
Ce sera encore une fois un match très difficile, c'est un très bon joueur, il fait encore une très bonne saison. Il a déjà atteint les demi-finales ici, il aime beaucoup les conditions. Il est très complet, il sait tout faire, il est fort en fond de court. Je pense qu'il n'aime pas trop être en défense et sous pression, surtout en coup droit. C'est de ce côté-là qu'il faudra trouver des solutions. Il faudra également que j'arrive à très bien servir et à rester agressif. » - Recueilli par S.D., à New-York