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On lui a promis l'enfer, Gaël Monfils claque les portes sur la gueule du Cerbère en s'imposant (6-1, 7-6 [4], 6-0 en 2h04) contre Janko Tipsarevic. En bon Saint-Pierre, le Serbe lui donne les clés du paradis. Tétanisé, il commet d'entrée deux doubles fautes, décentre son revers, perd son service et surtout libère toutes les interrogations du cerveau du Tricolore. Concentré, très solide au service (76% de premières balles, 11 aces) et audacieux (51 points gagnants, 9/11 au filet), le Français peut souffler. Il a sa réponse. «Ces deux doubles fautes m'ont permis d'évacuer beaucoup, beaucoup de pression, souffle La Monf', très enrhumé depuis quelques jours. C'est incroyable, mais les trois quarts de ma pression sont partis. C'était un gros signal qu'il me donnait.» La panique se partage si bien en Coupe Davis. Le stress du Français ajoute à sa vigilance, la peur du Serbe trouble sa vision (38 fautes directes).
On lui a promis l'enfer, Gaël Monfils choisit le naturel. Dès le premier break, il lâche son premier ''Allez''. Et les sifflets sur ses services ne le perturbent pas. « C'était un public de Coupe Davis qui supporte son équipe, souligne le 12e mondial, vainqueur de ses quatre derniers simples en Coupe Davis. Ils essayaient de déconcentrer l'adversaire, mais qui n'essaie pas parfois ?» Dans un match tendu, il récolte les fruits de la gestion des émotions, il sème la deuxième graine, l'audace, avec des montées au filet opportunes.
«Ces deux doubles fautes m'ont permis d'évacuer beaucoup, beaucoup de pression. C'est incroyable, mais les trois quarts de ma pression sont partis.»
Dans le tie-break du deuxième set, il en appelle au soupçon de chance avec deux challenges vidéo gagnants sur trois demandes. En joueur de poker, il bluffe sur le premier en renvoyant la balle dans le camp adverse sur le premier point sur un service gagnant. A 4-3, il joue avec le Hawk Eye, arrête de jouer sur un retour de coup droit de son adversaire. Quelques millimètres et son sort peut basculer. Le OUT sur l'écran géant correspond à une oasis pour un touareg. «C'est purement de la réussite. Je la vois faute, mais je la voyais un peu plus longue que ce que le challenge a montré», sourit le numéro 1 tricolore.
Il crie, réalise une acrobatie sur le point suivant. Il assomme son adversaire avec un retour réflexe sur le corps et aligne quatre points. Et ce tie-break est déterminant. Le Serbe prend le deuxième coup de massue. Il n'en peut plus. Gaël Monfils reste dans sa bulle et déroule. Puis il va voir son grand pote Gilles Simon aux vestiaires et lui glisse de se « relâcher car c'est le plus dur sur ce genre de match ». Il faut se battre contre soi avant de battre son adversaire. - S.D., à Belgrade