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En tennis, la gestion des émotions revient comme une évidence dans tous les discours des joueurs. En Coupe Davis, les émotions sont décuplées. En finale de Coupe Davis, les émotions sont à leur acmé. C'est pire qu'un urticaire. Même pour Novak Djokovic. Et c'est bien le seul suspense qui a plané sur sa victoire (6-3, 6-1, 7-5 en 2h18') contre Gilles Simon.
Pendant deux heures, il se montre plus fort dans tous les compartiments du jeu : plus puissant, plus rapide. Tout simplement plus fort. Impérial jusqu'à 6-3, 6-1, 5-4, il doit conclure sur son service. Il a beau alors se positionner au troisième rang mondial, être vainqueur de Grand Chelem, pratiquer un grand tennis, il tremble. Et le Français marque plus de points sur le service adverse que lors des deux premiers sets pour réaliser le break après avoir sauvé deux balles de match.
Mais les émotions sont volatiles. A 5-5, Gilles Simon ne s'offre pas de points gratuits avec sa première balle (1/6, 46% au total) et la confiance accumulée par le Serbe durant toute cette fin de saison se lit lors de ce jeu décisif. La peur s'atténue avec la confiance et il débreake. Le dernier jeu traduit sa force du jour : le service. Il se libère avec son excellente première balle (67%, 12 aces) et conclut avec ses armes habituelles. Le héros serbe n'a pas déçu. Il est très attendu, il a tenu son rang et la logique est respectée. - S.D., à Belgrade
«Je pense que j'ai réussi à bien mettre en place ce que je voulais sur le début du match malgré la tension. Ce n'est pas évident parce que tu es toujours plus tendu quand tu rentres et tu as du mal à libérer ton bras. Quand on monte un peu en intensité au milieu du premier set, la bagarre s'installe et je perds la première bagarre. Je force un peu à 3-3, ce jeu me fait assez mal. Puis je me perds en route, j'hésite entre l'agresser davantage et attendre. Il me retournait systématiquement, j'étais toujours un peu entre deux eaux : est-ce que je tente l'ace ou est-ce que je fais jouer ? Puis à 5-5 au troisième set, je me trompe un peu dans mes choix. Je le débreake pour la première fois à 5-4, je fais un jeu extrêmement défensif pour le débreaker. J'arrive à le retourner, je joue loin de ma ligne, je lui montre que je ne vais rien rater et il force un peu. Malheureusement, j'oublie que c'est à moi de servir et qu'il faut un peu différemment. Je n'y vais pas assez. Je joue comme je ne dois pas jouer sur mes jeux de service. »