Un premier tour en Grand Chelem, ce n'est jamais simple. Un premier tour dans le premier tournoi du Grand Chelem avec le vent et sous 35 degrés, cela peut relever du piège. Tendu en début de match face à Andreas Seppi, Richard Gasquet le sait et éprouve des difficultés à apprivoiser les conditions avant de s'imposer (6-3, 3-6, 6-3, 6-1) en 2h31'. Après un break encaissé d'entrée, le Biterrois trouve progressivement son rythme. Si le jeu à plat de l'Italien ne le gêne pas, il ne doit pas oublier sa ligne de conduite : agresser son adversaire.
Le protégé de Riccardo Piatti détient toutes les clés avec ses variations en revers, sa première balle efficace (10 aces, 65%) et sa faculté à prendre de vitesse le 40e mondial. Mais un double danger guette : la frustration due au vent et l'endormissement. Le patron, c'est Richard Gasquet. Quand il l'oublie, Andreas Seppi le lui rappelle à l'image du deuxième set. Le Biterrois rate un retour facile sur une balle de break au premier jeu, ne tient plus sa ligne et collectionne les balles de break non converties (1 sur 5 au deuxième set, 7 sur 17 au total). Après 1h17', il constate les dégâts : un set partout. De quoi se réveiller !
Comme le vent, Richard Gasquet joue parfois contre lui-même et son irrésistible tentation d'attendre puis avec ses armes et son bras magique. Plus entreprenant (16 points sur 29 montées), il ne laisse plus Andreas Seppi s'exprimer. Malgré une intervention du kiné à deux sets à un en raison d'une douleur à la cuisse, le Français déroule (44 points gagnants, 45 fautes directes). Le 40e mondial ne voit plus d'ouverture et se ferme définitivement la porte sur une 6e double faute. Le vent continue à tourbillonner et le Biterrois souffle. - S.D., à Melbourne