Sur les chapeaux de roue. A peine lancé, Banque Populaire V, qui a pris le parti d'un décalage dans l'Ouest pour aller chercher une rotation du vent à l'Est, descend l'Atlantique à vitesse grand V. «Si nous avions inscrit cette croisière au programme d'une agence de voyage, les clients seraient mécontents !» s'amuse même Loïck Peyron. Le 28 novembre, le maxi trimaran franchit l'Equateur. Après 5 jours, 14 heures et 55 minutes, il réalise le record absolu sur la distance depuis Ouessant. Autre record sur ses tablettes : il passe le cap de Bonne Espérance après 11 jours, 21 heures et 48 minutes de mer.
Ce n'est pas "Titanic" mais ça y ressemble. Habitués à des vitesses de 30 noeuds environ depuis leur départ, les quatorze marins connaissent un double coup d'arrêt dans le grand Sud. La faute à une mer déchaînée - «il ne se passe pas une vague sans que quatorze bonhommes ne se contractent pour que le bateau souffre le moins possible» explique alors Loïck Peyron - puis de nombreux icebergs qui les obligent à modifier leurs plans... et leur parcours. «C'est assez angoissant car le moindre morceau de glace non repérable au radar peut casser une, deux ou trois coques. Les garçons qui dorment le font les pieds en avant car il vaut mieux se fracasser les chevilles que la nuque en cas de choc» commente encore Peyron. Un mauvais passage. Le 23 décembre, le célèbre Cap Horn est franchi.
Banque Populaire V a décidé de contourner par le Nord l'anticyclone des Açores pour préserver le matériel et l'équipage avant de partir plein Est vers la Bretagne. Un choix qui a allongé sa route mais s'est surtout avéré payant. Commentaire de Xavier Revil, barreur-régleur : «on investit pour la suite. On va chercher de bonnes conditions (...) Il y a même un peu de crachin breton pour rafraîchir l'atmosphère sur le pont.» Comme un avant-goût. Banque Populaire V, multicoque océanique le plus performant et le plus abouti à ce jour, a profité de l'expérience acquise sur les Sport-Elec et Géronimo d'Olivier de Kersauson et Groupama 3 de Franck Cammas. L'avion de chasse n'a jamais aussi bien porté son nom.
J.G.


Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...